l'amour est dans le pré 2Qui ne se plaît pas en vacances ? Apparemment pas Florent qui a décidé de prolonger les siennes une semaine de plus. Il m'a appelée alors qu'il était en train de siroter un chocolat chaud, les doigts de pieds bien repliés dans ses après-ski. Et comme je suis trop gentille, j'ai accepté. Il a de la chance que je n'aime pas le ski. Honnêtement, s'il m'avait appelé des Caraïbes, je lui aurais dit d'aller voir ailleurs si j'y suis. Mais bon, j'avais hâte de savoir qui étaient les sept autres agriculteurs, alors j'ai fait semblant de m'énerver pendant 30 secondes avant de dire oui. C'est histoire de marquer ma domination.
Qui a mis des légumes dans le bac à bières ?
Donc du coup, je me suis fait moi aussi un chocolat chaud, j'ai enveloppé mes doigts de pied dans des chaussettes en poils de yack et je me suis installée dans mon canapé, devant le générique de L'amour est dans le pré. Et j'ai remarqué qu'on avait encore droit à la chanson de James Blunt. Non mais sincèrement, je pense que la moitié des royalties du chanteur provient de L'amour est dans le pré, c'est pas possible autrement. J'aime bien les mélodies de ce type mais j'ai toujours trouvé les paroles incroyablement débiles : « Tu es beau (pause). Tu es beau (pause). Tu es beau, c'est vrai. » Oui, certes...
Mais je vais cesser de m'égarer pour commencer à parler un peu de Patrice, le premier agriculteur de ce soir. Monsieur est apiculteur biologique et apparemment, c'est une grande première dans L'amour est dans le pré. Tout ça me fait penser que j'ai faim et que je me ferais bien une tartine beurre-miel. Mais en même temps, je ne peux pas risquer de louper un moment fort. Bon, j'attendrai la pause, mais c'est bien parce que c'est vous. Patrice a une quarantaine de ruches. Si on fait le calcul, ça fait environ 2,5 millions d'abeilles, soit cinq tonnes de miel par an. Je me demande combien de goûters nocturnes je pourrais faire avec ça ? À raison de deux grammes de miel par tartine, ça nous fait... toute une vie de tartines ! La faim me tenaille. Et Karine n'a pas compris ça parce qu'elle va directement mater son frigo. Patrice a des légumes. Jusque là, rien d'anormal, sauf qu'il met ces légumes dans le bac à bières. Sacrilège ! Ah non, on me signale dans l'oreillette qu'à l'origine, ce bac sert effectivement à mettre de la verdure. Première nouvelle ! Bref, quand Patrice parle de sa femme idéale, il n'a pas de critères précis et c'est tant mieux. Il a l'air d'un type pas mal, il devrait recevoir pas mal de lettres.
Du coup, partons nous intéresser à Bruno, « pépiniériste viticole pour la production de vigne mère porte-greffe ». Ah ouais, c'est bien ça, j'en ai fait quand j'étais jeune. Non mais, blague à part, est-ce que quelqu'un sait ce que c'est ? Parce que, quand Bruno a tenté d'expliquer son métier, j'étais un peu comme Karine, j'ai pas compris grand-chose. Il faut dire que son accent du Sud n'arrange pas non plus mes affaires. De toute façon, ce qu'il fait réellement ne m'intéresse pas. Non, ce qui m'intéresse, ce sont ses critères physiques. Qui ne manquent pas ! Alors Madame devra être petite (Bruno a comme un complexe de supériorité par rapport à sa taille), mince, belle, féminine, pas trop vieille, pas trop chiante, et avec des enfants déjà grands. Rien que ça, oui...
Chanter du yodel en jouant de l'accordéon
On descend maintenant en Corse où vit Solange. Elle a un prénom qui ressemble fortement au mien, mais je vous en dis pas plus, je veux que vous me lisiez jusqu'à la fin ! Solange cultive des plantes aromatiques et produit de l'huile d'olive en compagnie de son papounet, bientôt retraité. Papounet fabrique des bougies. M'est d'avis que la retraite approchant à grands pas, la maison va bientôt être parsemée de bougies en tous genres. Parce qu'en plus, Georges n'a pas de femme pour s'occuper. Du coup, si vous voulez lui écrire, il veut bien vous répondre. Une pierre, deux coups, ça, c'est fait. Mais intéressons-nous plutôt à Solange qui a l'air bien sympathique. Pas très difficile, la jeune femme, il faut juste que les hommes ne soient pas trop romantiques. Mais ça, je pense qu'ils savent faire.
Pas de soucis à se faire pour Solange, passons donc à Dany, éleveur de vaches, de cochons, aubergiste et accordéoniste. Aaah, l'accordéon, c'est sa vie. Dans tout le village, Dany est connu pour ça. Mais alors s'il est connu, pourquoi ne trouve-t-il pas l'amour ? « Quand je joue, je me donne un côté un peu macho », explique-t-il. Sérieusement, c'est réellement possible ça ? Genre, on peut être accordéoniste et macho ? Chanter du yodel et rouler des mécaniques ? Ah non, on ne peut pas, preuve en est faite quand Dany commence à jouer. Quand il chante du yodel en jouant de l'accordéon, il a juste l'air d'un mec qui chante du yodel en jouant de l'accordéon. Du coup, ça me rassure, je pensais être passée à côté d'un champ de possibilités. Selon les dires de Dany, il ne serait pas macho pour un sou. Sauf que les paroles qui suivent prouvent le contraire : « Si elle a un cul comme ça, ce n'est pas la peine de me l'amener ! » Et laissez-moi vous dire que l'écart entre ses deux bras quand il a prononcé cette phrase était conséquent. Je trouve ça gonflé pour un mec qui côtoie des énormes mamelles de vache toute la journée !
Et maintenant, direction les Charentes pour voir Michel-Édouard. J'ai du mal avec les prénoms comme ça. Surtout à l'oral. Quand j'étais au lycée, je connaissais un Michel-Ange (à prononcer à la française) et j'ai jamais pu l'appeler par son prénom. Du coup, je l'appelais Mickey. Je vais faire pareil pour Michel-Edouard, ce sera plus simple. Mais il a l'air drôlement coincé, dis donc. C'est l'archétype même du type qui était rejeté à l'école. Ce qui explique qu'il ait tout arrêté à 14 ans... L'avantage, c'est qu'à 53 ans, il se trouve encore beau gosse : « Si j'enlève mon pull par exemple, je vais rajeunir de cinq ans. » Ouh là, comme tu y vas, Mickey ! Laisse donc un peu de suspense !
« Et sinon, j'aime bien Brad Pitt »
Avant-dernier agriculteur de la soirée. Ou plutôt agricultrice car on retrouve Annie, l'éleveuse de chevaux, qui a tout de même 56 ans. Mais pourquoi avoir attendu tout ce temps pour se décider à chercher l'amour ? La réponse est simple : « Hier je me suis endormie, j'avais 20 ans, aujourd'hui, je me réveille, j'en ai 56. C'est affreux, je n'ai pas vu le temps passer. » Ah bah oui ,mais forcément, si on règle mal son réveil... Niveau critères physiques, Annie avoue beaucoup aimer Jean-Pierre Pernaut. Bon, ça, ça ne devrait pas être trop difficile à trouver. En revanche, son deuxième type d'hommes ressemble à Brad Pitt. Ah mais j'ai dîné avec lui il y a deux jours, il m'a dit qu'il comptait bien larguer le laideron qui lui sert de femme et qu'il cherchait quelqu'un d'autre. Easy !
Bon allez, dernier agriculteur de la soirée, en la personne de Hugo, éleveur de vaches à viande. Nom d'un bouquetin, il ne fallait pas trop être végétarien pendant la deuxième partie de l'émission ! À 28 ans, Hugo est retourné vivre chez ses parents à la suite d'une rupture. La pire chose qui puisse arriver à un être humain (qui ne vient pas du tiers monde j'entends), c'est probablement de retourner vivre chez ses parents. Surtout quand on a une mère aussi envahissante que celle d'Hugo. Elle prend tellement de place dans sa vie qu'on dirait un remake de Qui veut épouser mon fils ? Et attention, môman veille au grain pour le bien-être de son fils : « Je vais vous dire quelque chose, le matin il ne faut pas le réveiller en ouvrant les volets grands ouverts ou allumer la lumière, parce que ça lui fait mal aux yeux. » Pauvre biquet... Bon allez, je ne vais pas être médisante, c'est la fin de la soirée.
La semaine prochaine, on passe aux choses sérieuses ! Après je dis ça, mais comme je vous l'ai dit la semaine dernière, je n'ai jamais regardé L'amour est dans le pré et je n'ai absolument aucune idée de ce qui va se passer. Je ne sais pas si Florent reprendra sa place la semaine prochaine, il ne m'a pas donné plus d'indications. Je lui ai parlé du saucisson qu'il doit me ramener et il a été plutôt vague sur le sujet, donc je vais sûrement être obligée de le supprimer, ne m'en veuillez pas. Du coup, je vous dis peut-être à la semaine prochaine, on ne sait jamais. Sur un malentendu, ça peut marcher.
Solène

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