Star Academy 8

Neuvième prime :
élimination de Sevan

ven déc 21 23:30 Par Kevin Moulback


Cette semaine, il s'est passé plein de choses à la Star Academy.

Tout d'abord, Alexia Laroche-Joubert, productrice de l'émission, a accouché d'une petite fille prénommée Isaure. Les rumeurs répandues un peu partout selon lesquelles elle devait engendrer l'antéchrist annoncé par les Écritures se révèlent donc complètement infondées. Personnellement, je ne les avais jamais crues, en tout cas pas complètement. Et je m'étonne des attaques perfides dont cette pauvre Alexia est sans cesse l'objet. Cette femme a beaucoup de qualités et si elle les cache aussi bien, c'est simplement par pudeur et par humilité.

L'autre événement de la semaine, c'était bien sûr le départ de Maureen, jusque-là la meilleure élève de la promotion. Elle avait séduit par son style jazzy bien affirmé. Elle avait ébloui par sa maîtrise vocale, notamment lors d'un duo mémorable avec Alicia Keys qui lui avait valu un 20/20 de Pascal Nègre, le producteur débonnaire. On la voyait déjà non seulement gagner, mais redorer à elle toute seule le blason bien terni de la Starac. Eh bien, non. Finalement, elle se casse. Elle "abandonne l'aventure" comme on dit. Pourquoi ? Officiellement en raison de problèmes physiques qui auraient affecté son moral. Plus vraisemblablement, elle a soudainement découvert que le cadre riant de la Starac ne lui convenait pas. C'est vrai qu'on en est qu'à la septième saison : je comprends qu'elle ne soit pas encore familière avec le concept de l'émission. Je comprends aussi que cela soit terriblement frustrant de devoir, semaine après semaine, se produire sur la plus grande scène musicale de la télévision européenne et d'y cotoyer des artistes de premier plan.

Mais tout ceci n'est pas grave. En effet, si le départ inopiné de Maureen a démontré quelque chose, c'est que nul n'est irremplaçable. À aucun moment durant le spectacle de ce soir, je n'ai regretté son absence. Le show doit continuer, et il a continué.

Après la cruelle disette de la semaine dernière, les vedettes sont enfin revenues sur le plateau de Nikos. Au programme : le chanteur lyrique Josh Groban, le latin lover Enrique Iglesias, le comique susceptible Michaël Youn, le groupe de rock Superbus, le toujours fringuant Patrick Bruel et la douce Élodie Frégé, gagnante de la Starac 3. Le rappeur Passi abandonne même brièvement le jury pour pousser la chansonnette en fin de soirée.

Il y a donc du monde et du beau monde, même si certains des artistes présents sont des habitués, notamment Patrick Bruel, et qu'on pourrait donc s'attendre aux sempiternelles reprises des mêmes chansons cent fois entendues. Cette crainte est d'ailleurs confirmée au début par une interprétation collégiale pataude de "Place des grands hommes", dont le texte a été adapté de façon maladroite. Pourtant, cette introduction trompeuse va être suivie par d'autres adaptations, parfois bizarres mais finalement plutôt sympathiques.

Naturellement, à ce point, chers lecteurs, vous êtes surpris, voire même un peu déçus. Parce que vous êtes des gens méchants, vous vous attendiez à ce que je déverse sur les élèves et leurs partenaires d'un soir - sans même parler de Nikos, des professeurs et du jury - un torrent inépuisable de moqueries et de sarcasmes. Vous n'avez pas honte de vous réjouir ainsi du malheur des autres ? De rire des défaillances d'adolescents qui ne cherchent qu'à réaliser leurs rêves et qui ont le courage de s'exposer au ridicule devant la France entière ? N'avez-vous donc pas de coeur ?

Et surtout, pour qui me prenez-vous ? Sachez que je suis sévère mais juste. Sachez aussi que ceux que je vais assassiner dans quelques instants l'ont entièrement mérité en produisant des prestations putrides devant mes yeux innocents. Mes critiques ne sont que la forme dématérialisée de ce qu'ils auraient dû recevoir sur le moment, à savoir des tomates. Et vous conviendrez qu'il est quand même moins douloureux (et aussi moins salissant) de recevoir des critiques que des tomates. Ils s'en sortent donc bien.

Le désastre commence quand Josh Groban et Alexia s'attaquent à "Petit papa Noël". Une chanson de saison à n'en pas douter et qui peut être charmante ou nostalgique dans sa version originale par Tino Rossi ou bien interprétée par un choeur d'enfants dans un orphelinat tchadien. En revanche, elle n'est plus du tout charmante quand elle est assortie d'un arrangement lourdingue qui aurait déjà été vieillot à l'époque de Tino Rossi. Et les duettistes ne font rien pour alléger l'ensemble. Josh Groban déclame d'une façon emphatique comme si l'angoisse que le Père Noël oublie son petit soulier lui était réellement insupportable tandis qu'Alexia le regarde avec des yeux langoureux comme s'il s'agissait d'une chanson d'amour. L'élève a au moins le mérite de chanter distinctement alors que son partenaire se livre à un exercice phonétique fastidieux. L'accent appuyé de Josh et sa récitation grandiloquente rendent la chanson extrêmement pénible. Heureusement, Alexia, très sollicitée ce soir, se rattrapera plus tard avec un partenaire plus vivace.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, la deuxième catastrophe de la soirée se produit juste après, lorsque Jérémy, nouveau premier du classement des élèves, chante, tout seul comme un grand, "I Love Rock'n'Roll". Ceux qui ont suivi les épisodes précédents savent que le petit hamster avait réclamé à corps et à cris que Kamel Ouali, le plus grand chorégraphe de France, lui concocte "un superbe tableau". Son voeu est enfin exaucé. Et c'est donc en tournoyant dans le vide, suspendu par deux élastiques géants, qu'il va entamer l'hymne rock immortel de Joan Jett et des Blackhearts. Libéré de ses liens élastiques, il va ensuite interpréter un petit ballet en compagnie de danseurs mi-cuir, mi-toile écossaise, avant de poursuivre ses acrobaties aériennes. D'ordinaire, Kamel observe toujours ses tableaux avec un sourire réjoui sur le visage. Et là... il ne sourit pas. Pas du tout. Et en effet, il n'y a pas de quoi rire. Essouflé par sa voltige, embarrassé par la prononciation anglaise, Jérémy délivre le texte d'une façon laborieuse et guère musicale. Même si la chorégraphie est efficace, on est loin de l'énergie brute de l'original. De plus, à un moment, l'élève se fige en équilibre sur deux danseurs et on ne sait pas très bien si c'est prévu comme ça (et dans ce cas, c'est pas terrible) ou bien si un autre mouvement devait suivre (et alors, on ne l'a pas vu). En tout cas, assis sur son banc, Kamel ne semble pas apprécier.

Le massacre est sanctionné par le jury d'un petit 14,3, la note la plus basse de la soirée, suivi d'une salve de reproches. Raphaëlle Ricci vole immédiatement au secours de Jérémy - en qui elle a dit reconnaître le fils qu'elle aurait aimé avoir - et fait valoir que le petit hamster souffrait d'une méchante angine. Ah ouais ? Désolé, ma grande, mais selon les règles non-écrites de la Starac, les excuses de ce genre doivent être introduites lors des émissions quotidiennes et même aujourd'hui il n'en fut pas question. On a pourtant beaucoup vu Jérémy cette semaine, et la seule maladie dont il semblait souffrir était une melonite aiguë. C'est d'ailleurs pour ça que l'échec de ce soir a des airs de justice immanente. Explications : comme la nature, la Starac a horreur du vide. Et le départ de Maureen a permis à certains élèves, maintenus jusque-là plus ou moins dans l'ombre, d'en sortir inopinément, pas nécessairement à leur avantage. C'est le cas de Jérémy, qui a révélé sa véritable personnalité sour les yeux ébahis des téléspectateurs, notamment lors d'une scène mémorable où il explique à un rythme frénétique que sa composition "Mécanique" est le tube de 2008 et qu'il peut en vendre des millions d'exemplaires. Je vous épargnerai les autres péripéties - la rivalité avec Quentin, l'agression hargneuse contre Bertrand, les excuses à la sincérité douteuse qui suivent - pour simplement dire qu'au moment de son plantage lamentable de ce soir, beaucoup de fidèles de la Starac ont dû s'écrier d'une même voix : "Bien fait !"

Le troisième et dernier fiasco vient plus tard lorsque Pierre essaie d'accompagner Josh Groban sur son dernier single "You Raise Me Up". Une fois de plus, l'élève n'a pas la voix qu'il faut pour chanter ça même si l'on envoie vite une chorale gospel à la rescousse pour dissimuler ses pénibles efforts. Sa performance est néanmoins récompensée d'un énorme 17,3 par le jury. Incompréhensible mais ça fait longtemps qu'on ne cherche plus à comprendre les appréciations des trois "professionnels".

Et voilà ! Ainsi s'achève le navrant récit des désastres de la soirée. Le reste, sans être génial, était plutôt agréable. Parfois bizarre... mais toujours sympathique.

Parmi ces étrangetés, je citerai la version d'"Alors Regarde" livrée par Patrick Bruel et Quentin et qui commence à la guitare acoustique, façon country, avant de se transformer en rock énergique, avec batterie et guitares électriques à l'appui. C'est très éloigné de la version originale, voire même du sens de la chanson, mais cette bizarrerie inattendue est finalement plaisante. Dans le même esprit, l'interprétation collégiale de "Don't Let Me Be Misunderstood" sur un rythme latino donne lieu à un joyeux désordre, supposé épouser une "choré" assez mystérieuse. Au final, c'est bizarre, surprenant et très vivant. Moi, ça m'a plu.

Alors que la démonstration vocale criarde d'Alexia sur "It's A Man's Man's Man's World" de James Brown m'a laissé complètement indifférent, j'ai en revanche beaucoup apprécié son duo avec Enrique Iglesias. Alors qu'on aurait pu s'attendre à une prestatation sans éclat de part et d'autre, une véritable complicité est apparue, Enrique n'hésitant pas à étreindre Alexia, qui ne s'offusque pas de cette intimité et semble très à l'aise. Le duo se conclut dans la bonne humeur quand Enrique explique que les juges lui ont confié qu'Alexia était presque sûre de gagner, en pointant du doigt un Pascal Nègre très embarrassé. Nikos le sort de ce mauvais pas par une pirouette : ce n'était qu'une plaisanterie évidemment. Évidemment...

Lucie, qui se complait habituellement dans une caricature hargneuse de rockeuse adolescente, se débrouille fort bien dans ses duos, aussi bien dans le registre comique avec Michael Youn que dans un registre rock plus classique avec Superbus. Sa décontraction toute neuve est d'ailleurs récompensée d'un 15 du jury. On ne peut s'empêcher de remarquer néanmoins que Lucie peine à rivaliser en féminité avec Jennifer Ayache comme avec Michael Youn déguisé en Christelle Bazooka (ce qui est plus inquiétant). On ne peut s'empêcher non plus de constater que les chansons de Superbus se ressemblent beaucoup.

Et les nominés dans tout ça ?

Originalité de la semaine, les nominés pouvaient se faire accompagner d'un autre élève. Bertrand livre ainsi avec Pierre une interprétation un peu poussive de "Casser la voix", qui s'anime toutefois quand Patrick Bruel vient les rejoindre et entraîne le public avec lui. Mathieu et Lucie forment un duo très touchant sur un "J'te l'dis quand même" tout en sobriété et pour une fois dépourvu de vibes R&B superflues. Quant à Sevan, il refuse de défendre ses chances sur une chanson de Patrik Bruel (ce qui lui vaut d'être copieusement hué) et interprète à la place "The Way I Am" d'Eminem. Agressif et caricatural dans son attitude, il est de surcroît difficile à comprendre.

C'est Mathieu qui reçoit le soutien du public, recueillant 41 % des suffrages contre 36 % à Bertrand et 23 % à Sevan. Pour une fois, le jury n'est pas unanime. Yvan Cassar et Passi se prononcent en faveur de Bertrand tandis que Pascal Nègre vote seul pour Sevan en qui il reconnaît "une graine d'artiste" doté d'un "vrai univers". Le rappeur bourgeois ne retournera donc pas au château de Dammarie-lès-Lys. Il avait certes un égo monumental - quoique Jérémy ait établi de nouveaux standards en la matière - mais on regrettera son humour et sa façon de bousculer un peu les habitudes de la Starac.

 

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Commentaires

  • (371)

    Avant ce nétait que TAPER 1 TAPER 2 TAPER 3 maintenant il y a aussi MESDAMES MESSIEURS, sans compter la torture morale que cette personne fais peser sur ces jeunes en les faisant languir dans l'attente du verdict. Il ne faudrait pas se tromper, c'est une émission (en principe) axé sur des chanteurs en devenir ..... Déja il faut supporter la pollution visuelle dela pub. de grace ne nous infliger pas les débordements d'un individu bafouilleur et muni d'un ego de plus en plus démesuré. Quand au candidats, ils sont de plus en plus insignifiant ou sont les JP, Georges Alain, Houssine, Patrice, etc. Enfin les évités semblent avoir pris des abonnements car c'est toujours les memes.....

    Ecrit par paversa84 le sam févr 16 11:51 | Signalez un abus