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Le Titanic a mis moins de trois heures pour couler. Pour la Starac, c'est plus long.
Même si la quotidienne connaît actuellement une embellie grâce aux vacances de la Toussaint, l'audience du prime, elle, continue de s'effriter inexorablement. La semaine dernière, l'émission a encore perdu 20 000 téléspectateurs tandis que NCIS, la série policière insubmersible de M6, triomphait encore, pour la sixième fois consécutive. La Starac poursuit donc sa lente et douloureuse agonie, et on commence à se dire que cette huitième saison calamiteuse est peut-être le signe annonciateur de la chute de la maison Endemol et du déclin irrésistible de TF1.
Pourtant, tel Léonidas aux Thermopyles, Nikos poursuit la lutte, envers et contre tout. C'est encore plus beau quand c'est inutile. Afin de rameuter les fans du journal télévisé de Laurence Ferrari (un club de plus en plus fermé), il aligne sur scène tous les artistes qui se produiront ce soir, un peu comme un boucher qui présente ses meilleurs morceaux sur son étal. Ils ont tous l'air ravis d'être là pour "partager" avec les élèves (c'est comme ça qu'on dit faire sa promo en langage de la Starac). Parmi ces "stars", je vous dirai seulement qu'il y en a trois que je n'avais jamais vues et deux que je n'avais pas envie de voir.
Les professeurs aussi ont l'air ravis d'être là. Comme toujours, ils rivalisent d'imagination et de cabotinage pour attirer l'attention. Délaissant ses lunettes de Batman (voir les épisodes précédents), Armande Altaï, la directrice baroque, a choisi d'arborer sur sa poitrine une plume géante plantée dans un cœur. Mais Rafaël Armargo, le professeur d'expression corporelle, va encore plus loin dans la bizarrerie. Tout de cuir vêtu, il porte notamment un pantalon pourvu d'une sorte de coquille aux dimensions surnaturelles. Pour compléter sa panoplie, il endossera plus tard une veste de torero. Armande est battue à plate couture.
Après cette plaisante introduction, les élèves commencent à chanter. Et là, c'est le drame. C'est déjà pénible de les entendre interpréter des titres déjà entendus mille fois, comme les vieux succès de Dany Brillant ou de Michel Delpech. Mais, parmi les académiciens, certains semblent avoir la singulière aptitude de rendre encore plus vieillottes des chansons déjà bien rances. L'art de faire du très vieux avec du vieux en quelque sorte.
De son côté, la production de l'émission apporte sa contribution à la construction du temple de la ringardise à l'aide de quelques mises en scène bien niaises, comme la prétendue amourette entre Quentin et Joanna, à peu près aussi crédible qu'une liaison entre Elton John et Bernadette Chirac. Soudainement paternel, Nikos encourage Quentin à conclure - "Fais-lui une bise" - tandis que le public en liesse scande : "un bisou, un bisou !". Quelques minutes plus tard, quand les amis d'Édouard viennent lui souhaiter un bon anniversaire sur scène, on a vraiment l'impression d'assister à une kermesse.
Bref, on s'ennuie ferme. Même Armande Altaï reste obstinément muette quand Nikos lui demande si le spectacle lui plaît. Évidemment, le sémillant animateur ne se laisse pas démonter pour si peu : "Vous ne m'avez pas entendu mais c'est normal, c'est Halloween."
Malgré l'adversité, Nikos est présent sur tous les fronts ce soir. Il est particulièrement vigilant quant à la sécurité des invités, les mettant systématiquement en garde contre "le trou", cette faille béante sur le plateau qui a failli être fatale à la malheureuse Yaël Naim. Quand Raphaël arrive sur scène, il l'avertit immédiatement du danger : "Attention, il y a un trou. D'autres ont eu moins de chance." Et quand le chanteur neurasthénique revient pour une deuxième prestation, Nikos est encore sur le qui vive : "Le trou ! Fais attention au trou !"
Nikos est si conscients des périls du plateau qu'il ne semble pas souhaiter que les artistes s'y attardent trop longtemps. Ainsi, le rappeur Akon est remercié d'un "Vous êtes un événement en France. Encore plus parce que vous êtes ce soir chez nous. On est ravis. Merci beaucoup et bonne continuation", débité dans un souffle et avec une tête d'enterrement. Avec Miley Cyrus, la révélation du Disney Channel adorée par des millions d'adolescentes, il est encore plus expéditif : "Merci beaucoup, je vous libère, je ne vous retiens pas plus. Évitez le trou !"
Il faut dire que le pauvre Nikos n'est pas aidé. Ainsi, quand il fait l'éloge des techniciens qui s'agitent pour mettre en place un décor d'arceaux fleuris avant le duo de Victoria Abril avec Mickels, voilà qu'une poutre s'effondre : "Nous sommes en train de monter... euh, oui, enfin, là, c'est tombé." L'interprète ne l'aide pas non plus, en traduisant les propos de la jeune chanteuse Gabriella Cilmi alors que celle-ci a déjà quitté la scène : "J'aime beaucoup la traduction, comme ça, qui arrive en plein milieu." Enfin, l'outrage suprême est commis quand un impudent ose se placer devant le prompteur de Nikos, que cela n'amuse pas du tout : "Monsieur, pourriez-vous vous décaler ! Vous êtes juste devant l'écran. Je ne vois pas la note."
À la lecture de ce bref résumé, vous aurez peut-être l'impression qu'à part les facéties de Nikos, il ne se passe pas grand chose sur le plateau de la Star Academy. Et vous aurez raison. Le reste ne présente guère d'intérêt. Où sont les stars ? Victoria Abril est certes bien sympathique et si elle veut s'essayer à la chanson, c'est son droit. Mais elle serait mieux inspirée de le faire dans sa salle de bain que dans une émission de télévision.
Quant aux élèves, dont certains, même à ce stade de la compétition, ne savent clairement pas chanter, ils pâtissent cruellement du contraste avec la maîtrise des très jeunes artistes qui se produisent à leur côté (Miley Cyrus a seulement 15 ans, Gabriella Cilmi 16 ans). La chanson d'adieu aux nominés, par exemple, est un véritable festival de fausses notes et pas du genre "Oh, il y a quelques faussetés !" comme on dit pudiquement, plutôt du style "Quel est cet horrible bruit ? Un animal blessé peut-être." Il faut néanmoins reconnaître qu'ils ne sont aidés ni par le répertoire choisi (les mêmes vieilles scies ressassées encore et encore), ni par la technique, avec notamment des micros capricieux.
Enfin, que dire de la façon pathétique dont un titre de Johnny Hallyday enregistré il y a deux semaines est inséré subrepticement dans l'émission. Le réalisateur pousse même le vice jusqu'à juxtaposer ces images d'archives avec des plans en direct. Le subterfuge est si ridicule qu'il vaut mieux en rire.
Il est déjà plus de 23 heures. À cette heure-ci, il y a deux catégories de téléspectateurs : ceux qui avaient succombé au sommeil et s'éveillent soudain de leur torpeur et ceux qui sont restés conscients et se disent qu'ils ont perdu trois heures de leur vie. Maître Moya, l'huissier, arrive sur le plateau avec les résultats du vote. Il est follement applaudi par l'auditoire, qui a sans doute cru qu'il était une de ces "stars" dont la Starac nouvelle a le secret. Alice est sauvée par le public avec 49 % des suffrages. Quelle surprise étourdissante ! Les élèves n'ont pas à voter pour sauver un des deux autres nominés, Yvane choisissant de s'effacer au profit de Maryline. La raison n'en est pas claire, d'autant plus qu'il aurait pu le faire la semaine dernière (il avait été sauvé à une voix de majorité au détriment de Harold) mais je crois que je pourrai survivre sans la connaître.
Yvane part quand même sur une ultime vérité : "Nikos, merci. On sait que le vrai boss ici, c'est toi." Cela n'a jamais été aussi vrai qu'aujourd'hui.
À la semaine prochaine.
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Commentaires
Merci à Moulbak pour ses papiers humoristiques, je suppose que c'est pas toujours évident d'être inspiré par un tel spectacle. Au delà de la StarAc qui essaye de faire de l'argent par tous les moyens, ce qui me désole c'est que certains n'ont toujours pas fait la différence entre produits pour les masses, et la musique, l'expression, l'honnêteté. C'est ce public qui fait la StarAc et pas le contraire. La StaAc est à leur image. Bête, racolleuse, vulgaire et sans profondeur. Bêtes à manger du foin qu'on leur donne en quantité industrielle. La musique sous toute ses formes n'a jamais été aussi accessible, grâce à Internet, mais ils en sont encore à admirer leurs stars de pacotille à travers des medias vulgaires sans se rendre compte qu'à côté, juste à côté, il y a un monde fait de surprises, de beauté, d'émotions, de complexité, bref de vrais artistes. Ah oui...il faut faire un effort, faut écouter et réécouter, se renseigner, utiliser son cerveau, être ouvert, passer le pas de la porte. C'est fatiguant, désolé. Allez, bon Michel Drucker et bonne StarAc.
Ecrit par fr790094685 le sam nov 01 10:45 | Signalez un abusla starac est devenue "ringarde" et "nulle" parceque ces gens la nous considerent comme ringards et nuls! Ils peuvent nous servir n importe quoi ...nous accepterons .Dites leur NON!! en les privant de leurs revenus: NE VOTEZ PLUS!! NE TELEPHONEZ PLUS !! pour les dernieres emissions. Au moins pour une fois montrons que nous existons! Faites passer le message autour de vous
Ecrit par micjab51 le sam nov 01 10:45 | Signalez un abusbah cette fois moi j'ai regardé que la première chanson et le dénouement de la fin, vraiment du vu, revu et déjà vu cette année :-(
Ecrit par madidineamoi le sam nov 01 10:46 | Signalez un abusc nul a chié
Ecrit par mathilde1608 le sam nov 01 10:46 | Signalez un abusça y est,vous avez bien compris que la starac est avant tout une pompe à fric,que tous ces gens n'ont rien à foutre de vos commentaires et tant que ça marche,tant mieux , après vous aurez droit à une autre connerie du même genre.Allez, la messe est dite.
Ecrit par marengo02 le sam nov 01 10:46 | Signalez un abusje trouve qu'yvane a bien fait de se retirer car apres tout se qu'il a fait il le merite
Ecrit par sarl.marchetti le sam nov 01 10:47 | Signalez un abusj'ai comme l'impression que le sujet de la star ac n'est qu'un prétexte pour certains qui veulent prouver leurs prouesses écrites et moi je déguste les commentaires qui ressemblent à des combats de mots entre les internautes. Quant à la star ac, je constate avec étonnement que les critiques que vous en faites concernent l'émission dans son intégralité. Vous l'avez donc bien vue et regardée ????????????? Etonnant pour des pseudo intello qui trouvent que l'émission est à traiter comme du papier wc, n'est ce pas ? Mais je devine vos réponses : c'était juste pour voir.... Allez, retournez à vos livres de Prévert, gentes dames...
Ecrit par nacira72 le sam nov 01 10:47 | Signalez un abusmoi j aime bien les eleves qui bossent ,sans se plaindre , sans se la jouer , comme alice qui est effectivement limite en chant , comment un prof comme lelievre ose dire ''' pour moi alice est seulement jolie''', si on peut appeler un prof, lamentable
Ecrit par jopatom le sam nov 01 10:47 | Signalez un abusJe reposte. Pourquoi devons nous subir chaque semaine les sottises de zep truc machin ? Le billet plein d'humour de Kevin se suffit à lui même sans qu'un écho parasite ne vienne ramener sa "science".
Ecrit par ch.pierrot le sam nov 01 10:48 | Signalez un abusEn sortant avec élégance Yvane ne parvient pas à nous faire oublier ses manipulations et son immaturité. Quant à Anne elle se discrédite totalement en soutenant cet élève qui transpire la fausseté, un jeune homme incapable de parler à ses profs - ni même aux téléspectateurs d'ailleurs - en les regardant droit dans les yeux
Ecrit par swissfrodon le sam nov 01 10:48 | Signalez un abus