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Ils partirent 28 000 mais par un prompt casting ils se virent 140 en arrivant au port… Le port en question, c’est le théâtre du Trianon à Paris où vont se dérouler les épreuves éliminatoires au terme desquelles seront sélectionnés les quinze finalistes.
Mais, hélas, on n’en est pas encore là. Avant de passer aux choses sérieuses et de se délecter de l’angoisse des candidats, il faut subir une dernière série d’auditions. Pour son dernier tour de piste, le cirque cruel de la Nouvelle Star s’arrête à Bruxelles, ville natale de Virginie Efira et ville d’adoption de Lio.
Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous savez déjà comment ça se passe. C’est tout pareil. D’abord, il y a les étoiles filantes : ces artistes mirobolants dont on diffuse les prestations en coup de vent parce que leur talent est tellement éclatant qu’il risquerait de vous crever les yeux. Cette fois, on ne donne même pas leur nom. Une jeune fille anonyme en veste verte semble pourtant subjuguer le jury. Mesurée dans ses propos comme toujours, Lio lui déclare : « C’est énorme ce que tu peux faire, je t’assure. Tu es une grande chanteuse. » Une grande chanteuse, mazette ! C’est vraiment dommage de ne pas l’avoir vue et entendue plus longtemps. Lio ayant habituellement un jugement très sûr, cette fille doit être au moins aussi grande qu’Edith Piaf, Barbra Streisand ou Ella Fitzgerald. Peut-être même plus grande encore. Et dire qu’on ne connaît même pas son nom…
Mais la Nouvelle Star, ce n’est pas que de la musique, c’est aussi du rire. On rit avec Johnny de Mons qui dédie une chanson à sa copine mais a du mal à s’en rappeler le prénom. On rit avec Valentina de Bruxelles qui massacre allègrement "I Will Always Love You" de Whitney Houston, s’offusque des critiques du jury et part sans un adieu. Et surtout, on rit quand ce vieux satyre d’André Manoukian échoue à sauver de l’élimination une de ces nymphettes dont il est friand et qu’il prétend apprécier pour des raisons purement artistiques.
Un peu de musique, un peu de rire mais surtout des histoires. De belles et longues, très longues histoires. D’abord, il y a celle de Daniele, 23 ans, un jeune Sicilien qui étudie à Bruxelles depuis deux mois. Avec son sourire plein de dents, il est comme la caricature du séducteur à l’italienne (façon Marcello Mastroianni si vous êtes gentil, façon Aldo Maccione si vous êtes méchant). Mais au moment où l’on pourrait croire qu’il est la personne la plus superficielle au monde, on apprend que « sa vocation est de venir en aide aux populations du tiers monde en travaillant pour une organisation humanitaire. » Si vous pensez que c’est encore un truc grossier pour tomber les filles, vous avez vraiment l’esprit mal tourné. Le bellâtre chante "Tu Vuo Fa L’Americano" d’Adriano Celentano. Virginie Efira et Lio succombent au charme latin et se pâment littéralement. Les membres masculins du jury sont plus réservés mais pour de mauvaises raisons liées à leur obsession maladive de la Modernité. « Est-ce qu’on peut encore chanter comme en 1961 » se demande doctement Philippe Manœuvre, qui est pourtant habillé comme en 1953. Sinclair cède finalement pour faire plaisir à Lio : Daniele ira à Paris.
Celle qui n’ira pas à Paris, en revanche, c’est Laurence, 33 ans, qu’on surnomme dame-culotte parce qu’elle vend des sous-vêtements. La production de l’émission, qui ne recule devant aucune dépense, a dépêché une équipe de tournage dans le village de Tilff pour y filmer sa boutique de lingerie. Laurence montre aux téléspectateurs hagards un petit sac de perles roses que lui a offert une cliente et un canard en caoutchouc noir qui était caché dans un tiroir. C’est vraiment très intéressant… De retour dans la salle d’audition, elle interprète avec aplomb "La complainte du progrès" de Boris Vian et est rapidement éconduite par le jury, pour lequel « vocalement, c’est un tout petit peu trop léger ». Et puis son âge commence par un 3, ce qui semble un gros handicap…
Pour finir, parce qu’il faut terminer en beauté, il y a l’histoire d’Adeline, 17 ans, de Leeuw-Saint-Pierre. Pour elle, « ce casting est un nouveau départ pour oublier une période difficile de sa vie, son adolescence. » Eh oui, il y a quelques années, la malheureuse Adeline pesait 37 kilos de plus et sa santé était en danger. Après une cure d’un an dans un centre spécialisé, elle a beaucoup maigri. Il ne lui manque plus désormais que la consécration de la Nouvelle Star pour retrouver complètement son assurance et sa joie de vivre. Après cette petite introduction qui montre l’enjeu considérable de l’audition, Adeline interprète "L.O.V.E." de Nat King Cole. Sinclair lui reconnaît « une sacrée voix » et une interprétation classieuse mais Philippe Manœuvre trouve qu’elle reprend son souffle comme quelqu’un qui se noie (si vous voyez une contradiction dans ces avis, vous réfléchissez trop et vous allez avoir mal à la tête). C’est là, alors que le suspense est à son comble, qu’on coupe la diffusion de l’audition pour la gentille maman d’Adeline qui la suivait avec angoisse. C’est aussi là qu’on lance la pause publicitaire. Quelques minutes tard, alors que les téléspectateurs trépignent d’impatience devant leur poste de télévision, André Manoukian et Lio accordent à Adeline son billet pour Paris. Elle est super contente ; sa gentille maman est folle de joie et très fière. Tout est bien qui finit bien.
Là, vous vous dites peut être : « Cette histoire me rappelle quelque chose ». Et pour cause : on y a déjà eu droit la semaine dernière. La jeune fille malheureuse qui avait beaucoup maigri s’appelait alors Charlène et elle était venue avec sa gentille grand-mère, et non sa gentille maman. C’est bizarre : j’ai l’impression que pour passer dans la Nouvelle Star, du moins en début de saison, il faut arriver avec une bonne histoire à raconter et un membre de sa famille prêt à s’effondrer dans les bras de Virginie Efira. À la limite, on pourrait embaucher des acteurs pour tenir ce rôle. Mais les dirigeants de M6 ne consentiraient jamais à pareil stratagème : ils ont beaucoup trop d’intégrité pour tromper les téléspectateurs sur la nature des programmes.
Quoi qu’il en soit, les castings sont maintenant terminés et les 140 heureux élus sont arrivés à Paris, des étoiles plein les yeux (et non plein les coudes comme dans une autre émission) afin de participer à la prochaine phase de sélection. Pour la première des trois épreuves éliminatoires, les candidats passent devant le jury par groupe de neuf et doivent interpréter une chanson de leur choix a cappella.
Dans la foule qui se presse au théâtre du Trianon, on reconnaît quelques visages familiers. Il y a Katie, l’Américaine hystérique, dont l’exaltation permanente met la patience à rude épreuve. Il y a Yolaine, la miraculée qui se déplace avec des béquilles et escalade le Kilimandjaro sur TF1 à ses heures perdues. Il y a Kristov, le professeur d’anglais qui a renoncé à une vie dissolue par amour. Pour l’occasion, il porte « un costume qui fait un peu anglais ». Si vous pensez spontanément aux tailleurs de Savile Row et à leurs étoffes élégantes, vous faites fausse route. Kristov est affublé d’une immonde chose à carreaux qu’il a dû voler à un clown écossais. Des Repetto blanches et un badge géant à l’effigie de John Lennon et Paul Mc Cartney complètent son déguisement. Parmi les prétendants au titre convoité de Nouvelle Star, on reconnaît enfin Agnès, toujours accompagnée de Benjamin, son fils de 11 ans. Bizarrement, alors qu’il nous arrachait des larmes il y a deux semaines, le petit garçon nous fatiguerait presque avec ses mièvreries maintenant. L’attrait de la nouveauté s’est sans doute dissipé.
Mais tous ces personnages ne semblent être que des figurants dans le Jules Show. Jules, rappelez-vous, c’est la « tête à claques » de 17 ans à la désinvolture appliquée. Aujourd’hui, on ne voit que lui. Jules dans sa chambre d’hôtel avec son papa, Jules qui joue de la guitare avant son audition, Jules qui joue de la guitare après son audition, Jules qui s’interroge durant les délibérations… Et bien sûr, il y a aussi le jury qui s’extasie à l’issue de la prestation ébouriffante de Jules. « Jules, c’est énorme, » dit Philippe Manœuvre : « Génial, Jules ! » dit Lio. Ça a l’avantage d’être clair et synthétique. Ce Jules, j’ai l’impression qu’on va le revoir.
Celui qu’on va revoir aussi, c’est Daniele, le crooner italien amoureux de toutes les femmes. Il déclame "’O Surdato ‘Nnammurato" de Massimo Ranieri. Lio se pâme à nouveau et réussit encore à circonvenir les hommes du jury. Son argument est imparable : « Prenez mon Italien, quoi. On manque de garçons ». Daniele le bello ragazzo est donc sauvé par la parité. Adeline, l’ancienne grosse, n’aura pas la même chance : le jury la renvoie promptement en Belgique avec sa gentille maman. Merci pour les images et bon voyage. De même pour Agnès qui a bien rempli son office en faisant pleurer dans les chaumières avec son fils mais dont on n’a plus besoin désormais. Yolaine, l’alpiniste à béquilles, reste encore un peu.
Le sort de Céline et Cédric, les amoureux cannois (voir les épisodes précédents), est encore indécis. Si vous voulez savoir si leur couple sera brisé, il faudra suivre la prochaine émission. Celle-ci s’annonce palpitante : « Une étape particulièrement délicate où même certains coups de cœur se sont littéralement effondrés. Vous assisterez aux désillusions et aux crises d’angoisse de quelques-uns. »
Effondrements, désillusions, crises d’angoisse, chouette ! Si vous ne regardez pas, c’est vraiment que vous n’aimez pas la musique.
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Commentaires
et ça continu encore et encore ,un bon titre que voila ,les chanteurs d'avant on fais leurs armes comme dans le milieu du travail, maintenant ce que l'on voit c'est du bétail à chanter, je vais êtres grossier , mais sortez vous la tête du cul et regarder autour de vous , je pense que pour votre avenir eviter de regarder des émissions aussi débiles
Ecrit par ludovic59000 le ven mars 14 13:06 | Signalez un abusvous commencer a nous casses les pieds avec vos emmision a la cons qui ne sont bonne que pour les addos
Ecrit par jacquouille95280 le ven mars 14 13:06 | Signalez un abusJuste un petit message pour dire que le canard noir dans la boutique de lingerie, je pense qu'il s'agit d'un vibro...
Ecrit par profil_01 le ven mars 14 13:07 | Signalez un abusQuand on commence à se regarder écrire, à sécouter parler ou pire à se prendre pour ce que l'on n'est pas faut avoir l'intelligence de faire autre chose. Et là honnêtement le beau Kevin il commence à ne plus rien avoir à dire, on sait ce qu'il va nous raconter sans même avoir à le lire (j'te critique machin, j'balance sur truc, ouahou le Kevin il analyse trop bien les choses!!!!). Réveille toi garçon tu t'embourgeoises...
Ecrit par matthieuforgeat le ven mars 14 13:08 | Signalez un abusle problème dans la nouvelle star, c'est qu'on a vu des belles voies lors des premiers castings qui sont acceptées mais qu'on voit pas maintenant à Paris ( comme celle de la fille de 17 ans veune de Suisse) Dommage. merci
Ecrit par issamcnstn le ven mars 14 13:09 | Signalez un abusLa mise en scène un peu trop mièvre commence à nuire à cette émission qui partait d'une bonne idée... De plus, certains candidats potentiellement valables sont éliminés au profits de certains éléments plus "théatraux" ... choix délibéré ? C'est vrai que cela pourrait être plus professionnel... Et je ne parle pas de ces innombrables coupures de Pub ! Peut mieux faire !!!
Ecrit par patricksimon66 le ven mars 14 13:15 | Signalez un abusLes "retour en arrière" dans le montage sont super pénibles (j'ai pas dit super). Ressassés (ssss !) n fois, les apparitions des figurants appellent les claques plutôt que les applaudissements. M6 veut-il couler N-Star comme TF1 a coulé Star-Ac ? Et la musique de fonds, je te stresse, tu me stresses... (ssss !)...
Ecrit par malokran le ven mars 14 13:17 | Signalez un abusMoi je n'ai rien contre de genre d'emission, au contraire, je trouve ca plutot sympa à regarder, mais te lire aussi, c'est plutôt sympa! Merci!!!
Ecrit par bacryelsa le ven mars 14 13:18 | Signalez un abusMerci, j'ai bien ri à lire ce compte-rendu plein d'humour, en particulier les remarques sur les tenues vestimentaires de P. Manoeuvre et Kristov. Saville Row, indeed! Ce que je trouve particulièrement pénible dans cette émission (que j'ai quand même regardée de temps en temps au fil des saisons), c'est qu'évidemment les membres du jury se considèrent comme les arbitres des élégances, quant à la façon de s'habiller, mais aussi de chanter. Le propos le plus scandaleux que j'ai entendu: "une coiffeuse est faite pour rester dans son salon de coiffure." Mais quel mépris pour l'individu, ses aspirations, ses goûts, sa complexité! Et Fabrice Lucchini alors?
Ecrit par myrabelleduc le ven mars 14 13:19 | Signalez un abusTrop fort comme d'habitude, continue pour notre plus grand plaisir, n'hésites pas à révéler encore plus les détailes qui tuent ! Perso je me passionne pour ces émission débilitantes depuis que je lis tes articles..... BRAVO tu m'as converti !
Ecrit par abcdefred le ven mars 14 13:20 | Signalez un abus