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Épreuves du Théâtre

ven mars 14 11:41 Par Kevin Moulback


Ils partirent 28 000 mais par un prompt casting ils se virent 140 en arrivant au port… Le port en question, c’est le théâtre du Trianon à Paris où vont se dérouler les épreuves éliminatoires au terme desquelles seront sélectionnés les quinze finalistes.

Mais, hélas, on n’en est pas encore là. Avant de passer aux choses sérieuses et de se délecter de l’angoisse des candidats, il faut subir une dernière série d’auditions. Pour son dernier tour de piste, le cirque cruel de la Nouvelle Star s’arrête à Bruxelles, ville natale de Virginie Efira et ville d’adoption de Lio.

Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous savez déjà comment ça se passe. C’est tout pareil. D’abord, il y a les étoiles filantes : ces artistes mirobolants dont on diffuse les prestations en coup de vent parce que leur talent est tellement éclatant qu’il risquerait de vous crever les yeux. Cette fois, on ne donne même pas leur nom. Une jeune fille anonyme en veste verte semble pourtant subjuguer le jury. Mesurée dans ses propos comme toujours, Lio lui déclare : « C’est énorme ce que tu peux faire, je t’assure. Tu es une grande chanteuse. » Une grande chanteuse, mazette ! C’est vraiment dommage de ne pas l’avoir vue et entendue plus longtemps. Lio ayant habituellement un jugement très sûr, cette fille doit être au moins aussi grande qu’Edith Piaf, Barbra Streisand ou Ella Fitzgerald. Peut-être même plus grande encore. Et dire qu’on ne connaît même pas son nom…

Mais la Nouvelle Star, ce n’est pas que de la musique, c’est aussi du rire. On rit avec Johnny de Mons qui dédie une chanson à sa copine mais a du mal à s’en rappeler le prénom. On rit avec Valentina de Bruxelles qui massacre allègrement "I Will Always Love You" de Whitney Houston, s’offusque des critiques du jury et part sans un adieu. Et surtout, on rit quand ce vieux satyre d’André Manoukian échoue à sauver de l’élimination une de ces nymphettes dont il est friand et qu’il prétend apprécier pour des raisons purement artistiques.

Un peu de musique, un peu de rire mais surtout des histoires. De belles et longues, très longues histoires. D’abord, il y a celle de Daniele, 23 ans, un jeune Sicilien qui étudie à Bruxelles depuis deux mois. Avec son sourire plein de dents, il est comme la caricature du séducteur à l’italienne (façon Marcello Mastroianni si vous êtes gentil, façon Aldo Maccione si vous êtes méchant). Mais au moment où l’on pourrait croire qu’il est la personne la plus superficielle au monde, on apprend que « sa vocation est de venir en aide aux populations du tiers monde en travaillant pour une organisation humanitaire. » Si vous pensez que c’est encore un truc grossier pour tomber les filles, vous avez vraiment l’esprit mal tourné. Le bellâtre chante "Tu Vuo Fa L’Americano" d’Adriano Celentano. Virginie Efira et Lio succombent au charme latin et se pâment littéralement. Les membres masculins du jury sont plus réservés mais pour de mauvaises raisons liées à leur obsession maladive de la Modernité. « Est-ce qu’on peut encore chanter comme en 1961 » se demande doctement Philippe Manœuvre, qui est pourtant habillé comme en 1953. Sinclair cède finalement pour faire plaisir à Lio : Daniele ira à Paris.

Celle qui n’ira pas à Paris, en revanche, c’est Laurence, 33 ans, qu’on surnomme dame-culotte parce qu’elle vend des sous-vêtements. La production de l’émission, qui ne recule devant aucune dépense, a dépêché une équipe de tournage dans le village de Tilff pour y filmer sa boutique de lingerie. Laurence montre aux téléspectateurs hagards un petit sac de perles roses que lui a offert une cliente et un canard en caoutchouc noir qui était caché dans un tiroir. C’est vraiment très intéressant… De retour dans la salle d’audition, elle interprète avec aplomb "La complainte du progrès" de Boris Vian et est rapidement éconduite par le jury, pour lequel « vocalement, c’est un tout petit peu trop léger ». Et puis son âge commence par un 3, ce qui semble un gros handicap…
 
Pour finir, parce qu’il faut terminer en beauté, il y a l’histoire d’Adeline, 17 ans, de Leeuw-Saint-Pierre. Pour elle, « ce casting est un nouveau départ pour oublier une période difficile de sa vie, son adolescence. » Eh oui, il y a quelques années, la malheureuse Adeline pesait 37 kilos de plus et sa santé était en danger. Après une cure d’un an dans un centre spécialisé, elle a beaucoup maigri. Il ne lui manque plus désormais que la consécration de la Nouvelle Star pour retrouver complètement son assurance et sa joie de vivre. Après cette petite introduction qui montre l’enjeu considérable de l’audition, Adeline interprète "L.O.V.E." de Nat King Cole. Sinclair lui reconnaît « une sacrée voix » et une interprétation classieuse mais Philippe Manœuvre trouve qu’elle reprend son souffle comme quelqu’un qui se noie (si vous voyez une contradiction dans ces avis, vous réfléchissez trop et vous allez avoir mal à la tête). C’est là, alors que le suspense est à son comble, qu’on coupe la diffusion de l’audition pour la gentille maman d’Adeline qui la suivait avec angoisse. C’est aussi là qu’on lance la pause publicitaire. Quelques minutes tard, alors que les téléspectateurs trépignent d’impatience devant leur poste de télévision, André Manoukian et Lio accordent à Adeline son billet pour Paris. Elle est super contente ; sa gentille maman est folle de joie et très fière. Tout est bien qui finit bien.

Là, vous vous dites peut être : « Cette histoire me rappelle quelque chose ». Et pour cause : on y a déjà eu droit la semaine dernière. La jeune fille malheureuse qui avait beaucoup maigri s’appelait alors Charlène et elle était venue avec sa gentille grand-mère, et non sa gentille maman. C’est bizarre : j’ai l’impression que pour passer dans la Nouvelle Star, du moins en début de saison, il faut arriver avec une bonne histoire à raconter et un membre de sa famille prêt à s’effondrer dans les bras de Virginie Efira. À la limite, on pourrait embaucher des acteurs pour tenir ce rôle. Mais les dirigeants de M6 ne consentiraient jamais à pareil stratagème : ils ont beaucoup trop d’intégrité pour tromper les téléspectateurs sur la nature des programmes.

Quoi qu’il en soit, les castings sont maintenant terminés et les 140 heureux élus sont arrivés à Paris, des étoiles plein les yeux (et non plein les coudes comme dans une autre émission) afin de participer à la prochaine phase de sélection. Pour la première des trois épreuves éliminatoires, les candidats passent devant le jury par groupe de neuf et doivent interpréter une chanson de leur choix a cappella.

Dans la foule qui se presse au théâtre du Trianon, on reconnaît quelques visages familiers. Il y a Katie, l’Américaine hystérique, dont l’exaltation permanente met la patience à rude épreuve. Il y a Yolaine, la miraculée qui se déplace avec des béquilles et escalade le Kilimandjaro sur TF1 à ses heures perdues. Il y a Kristov, le professeur d’anglais qui a renoncé à une vie dissolue par amour. Pour l’occasion, il porte « un costume qui fait un peu anglais ». Si vous pensez spontanément aux tailleurs de Savile Row et à leurs étoffes élégantes, vous faites fausse route. Kristov est affublé d’une immonde chose à carreaux qu’il a dû voler à un clown écossais. Des Repetto blanches et un badge géant à l’effigie de John Lennon et Paul Mc Cartney complètent son déguisement. Parmi les prétendants au titre convoité de Nouvelle Star, on reconnaît enfin Agnès, toujours accompagnée de Benjamin, son fils de 11 ans. Bizarrement, alors qu’il nous arrachait des larmes il y a deux semaines, le petit garçon nous fatiguerait presque avec ses mièvreries maintenant. L’attrait de la nouveauté s’est sans doute dissipé.

Mais tous ces personnages ne semblent être que des figurants dans le Jules Show. Jules, rappelez-vous, c’est la « tête à claques » de 17 ans à la désinvolture appliquée. Aujourd’hui, on ne voit que lui. Jules dans sa chambre d’hôtel avec son papa, Jules qui joue de la guitare avant son audition, Jules qui joue de la guitare après son audition, Jules qui s’interroge durant les délibérations… Et bien sûr, il y a aussi le jury qui s’extasie à l’issue de la prestation ébouriffante de Jules. « Jules, c’est énorme, » dit Philippe Manœuvre : « Génial, Jules ! » dit Lio. Ça a l’avantage d’être clair et synthétique. Ce Jules, j’ai l’impression qu’on va le revoir.

Celui qu’on va revoir aussi, c’est Daniele, le crooner italien amoureux de toutes les femmes. Il déclame "’O Surdato ‘Nnammurato" de Massimo Ranieri. Lio se pâme à nouveau et réussit encore à circonvenir les hommes du jury. Son argument est imparable : « Prenez mon Italien, quoi. On manque de garçons ». Daniele le bello ragazzo est donc sauvé par la parité. Adeline, l’ancienne grosse, n’aura pas la même chance : le jury la renvoie promptement en Belgique avec sa gentille maman. Merci pour les images et bon voyage. De même pour Agnès qui a bien rempli son office en faisant pleurer dans les chaumières avec son fils mais dont on n’a plus besoin désormais. Yolaine, l’alpiniste à béquilles, reste encore un peu.

Le sort de Céline et Cédric, les amoureux cannois (voir les épisodes précédents), est encore indécis. Si vous voulez savoir si leur couple sera brisé, il faudra suivre la prochaine émission. Celle-ci s’annonce palpitante : « Une étape particulièrement délicate où même certains coups de cœur se sont littéralement effondrés. Vous assisterez aux désillusions et aux crises d’angoisse de quelques-uns. »

Effondrements, désillusions, crises d’angoisse, chouette ! Si vous ne regardez pas, c’est vraiment que vous n’aimez pas la musique.

 

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Commentaires

  • (151)

    Le canard en caoutchouc noir caché dans le tiroir était un vibromasseur. Sinon, bravo !

    Ecrit par mightymaite8 le ven mars 14 15:45 | Signalez un abus
  • (152)

    Ben je ne trouve pas sympa de nous laisser en suspens pour la dernière ligne... mais on a déjà deviné que céline était éliminée... ils étaient tous d'accord pour Cédric.... Dédé, calme toi sur les nimphettes ! c'est la voix qui nous intéresse !!!! mais je t'aime quand même.........

    Ecrit par fsmjulou le ven mars 14 15:45 | Signalez un abus
  • (153)

    joli ton ironique , bravo si on en regarde pas la télé c est aussi parcqu on est au bout du monde , et cette chère M6 ne diffuse pas pour les internautes ses émitions hilarantes , ni les autres d ailleurs , salutations

    Ecrit par arnalclaude le ven mars 14 15:48 | Signalez un abus
  • (154)

    *** SPOILER*** Je crois avoir vu Céline dans le teaser pour la semaine prochaine... Pitain je casse le susse pens

    Ecrit par ochagnoux le ven mars 14 15:50 | Signalez un abus
  • (155)

    dans ma région, PlugTV a cessé d'émettre. Donc j'ai rien vu :'( Je vais regarder ce soir et vais enregistré. Pourvu que ca fonctionne cette fois !

    Ecrit par christel_fontaine_01 le ven mars 14 15:54 | Signalez un abus
  • (156)

    toujours aussi nul les unes comme les autres faire miroiter que l'on va faire une "star" bien grand mot quand on sait le nombre d'année qu'il faut, combien de tout ceux qui ont"gagnés" reste sur la touche? les chaines font surtout de l'argent sur des espoirs sans lendemain, parce qu'aujourd'hui il paraitre ou disparaitre dans le flot de la foule

    Ecrit par hibu49 le ven mars 14 15:57 | Signalez un abus
  • (157)

    D'accord avec le précédent, énorme chronique (je n'ai pas lu les précédentes). J'aime beaucoup la référence au sorytelling, au septième § de votre article. Bravo!

    Ecrit par rohmerarnaud le ven mars 14 15:59 | Signalez un abus
  • (158)

    Quel esprit d'à propos et sens de l'observation au service de l'éclat de rire. Tout est dit et comme pour la Star Ac, les ficelles deviennent de plus en plus grosses... les chaines privés nous considèrent vraiment comme de l'espace de cerveau disponible à vendre à des annonceurs! Mais avec un zest de cynisme, ces shows deviennent des comédies, à consommer avec modération grâce à Kevin qui nous résume çà en de coup de cuillère à pot! Avec Pekin Express il y aurait de quoi se poiler car les candidats sont gratinés...

    Ecrit par qzerty09 le ven mars 14 16:09 | Signalez un abus
  • (159)

    Héhéhéhé

    Ecrit par billaudmelanie le ven mars 14 16:10 | Signalez un abus
  • (160)

    Pauvre petit Benjamin. Il tente désespérément de jouer les rôles du mari, du coach ou de l'impressario d'agnès. Sa mère devrait se rendre compte que cet enfant souffre et n'est pas à sa place, il serait mieux à la piscine ou au stade avec les copains de son âge. La télé n'est pas un endroit pour un petit bout comme lui... je suis navrée. C'est pas joli-joli.

    Ecrit par ifcmarseille le ven mars 14 16:16 | Signalez un abus