Le blog télé

Quatrième prime :
élimination de Siân

mer avr 23 23:30 Par Kevin Moulback


Vous aimez Cindy Sander ? Moi oui.

Au cas où vous auriez manqué les épisodes précédents, et notamment le casting de Strasbourg, Cindy est une esthéticienne de 29 ans qui vit à L'Hôpital, un village de Lorraine. À ses heures perdues, elle se produit dans de petites salles, où elle interprète des classiques de la chanson française, empruntés notamment à Dalida ou aux comédies musicales à succès. Bien sûr, avec un tel répertoire et l'interprétation très démonstrative qui va avec, Cindy a été unanimement lapidée par le jury comme l'incarnation honnie de la ringardise. C'est les larmes aux yeux qu'elle a quitté la salle d'audition tandis que les quatre juges cruels ricanaient derrière elle.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Seulement voilà, après son élimination tapageuse, Cindy la ringarde est devenue culte. Les vidéos de ses prestations ont circulé sur Internet, les journaux ont commencé à parler d'elle, elle a fait le tour des plateaux de télévision. On apprendra ainsi que c'est la production de la Nouvelle Star elle-même qui a poussé la naïve Cindy a affirmer davantage son "style" durant l'audition et qui a savamment monté ses déclarations pour mieux la ridiculiser. On apprendra aussi que, lors de galas en province, Cindy a partagé la même scène que... Lio, à une époque où la malheureuse avait cruellement besoin d'argent (cette époque est naturellement révolue : c'est uniquement par amour de l'art que Lio a rejoint le jury et non pour de sordides motifs pécuniaires).

Quoi qu'il en soit, avec la notoriété croissante de Cindy, la Nouvelle Star se trouvait en passe d'être ringardisée par la reine des ringardes : un comble ! Pour un peu, la chanteuse de bal méprisée éclipserait presque Amandine, la merveille de Tournefeuille, celle qui semble destinée à suivre les traces de Christophe Willem et de Julien Doré sur le chemin de la gloire éternelle.

Heureusement, on est beau joueur chez M6 (enfin, peut-être pas pour Pékin Express...). Magnanime, la production a donc autorisé Cindy la ringarde à se produire sur la scène du Pavillon Baltard, un honneur réservé d'ordinaire à la fine fleur des castings. Et puis - ça tombe vraiment bien - Cindy arrive précisément au moment où l'audience de la Nouvelle Star s'effondre. Le prime comateux de la semaine dernière a rassemblé à peine 3,2 millions de téléspectateurs, c'est-à-dire le plus mauvais score de l'histoire de l'émission.

Bien sûr, Cindy a été reçue comme il convient - avec distance - afin qu'il soit bien clair que sa participation n'est qu'un gag, à prendre au second degré, et que le temple auto-proclamé de la modernité musicale ne se trouvera pas souillé à jamais par sa présence incongrue. Les sourires en coin sont donc de mise. Tout au long de l'émission, on nous montre Cindy en coulisses, se faisant maquiller, se faisant conseiller par Sébastien, son mari/manager, se faisant maquiller à nouveau, se faisant maquiller une dernière fois. Quand, finalement, elle monte sur scène, elle fait exactement ce qu'on attendait d'elle : tout en ongles et en paillettes, elle interprète "Papillon de lumière", son prochain single : des paroles naïves sur une mélodie Bontempi avec la chorégraphie gesticulante qui va avec. Et ce single va être produit par... M6 Interactions. C'est un véritable conte de fée, n'est-ce pas ?

Cindy a d'ailleurs l'air parfaitement heureuse d'être là. Elle sourit à la caméra et remercie tout le monde pour cette belle aventure artistique. Pour sa peine, André Manoukian la gratifie d'un petit poème dada, où perce l'ironie puérile dont il est coutumier. Ses collègues du jury se contentent de pouffer. Cindy remercie encore une fois du fond du cœur. On se croirait dans une sorte de dîner de con musical. Sauf que...

Sauf que Cindy Sander, elle, assume complètement ce qu'elle est et ce qu'elle fait. Elle ne prétend pas faire de l'art, ni être la nouvelle Amy Winehouse. Elle veut simplement monter sur scène, faire son show et être applaudie à la fin. Elle veut être reconnue dans la rue et signer des autographes. Et, bien sûr, elle veut désespérément passer à la télévision pour exister, ce qui lui fait un point commun avec tous les membres du jury. Et maintenant Cindy a aussi une maison de disque, semble-t-il. Là s'arrêtent donc les points communs avec les membres du jury...

Mais, après cet hommage nécessaire à Cindy Sander, entrons dans le vif du sujet. Neuf paragraphes déjà et je n'ai pas encore parlé des finalistes, ces artistes qui enchantent nos yeux et nos oreilles chaque semaine. Je vous sens impatients d'en savoir plus.

Commençons par la fin : c'est Siân qui s'en va. Ce n'est une surprise pour personne. Les filles comme elle, un peu trop jolies, un peu trop sûres d'elles, ne réussissent jamais dans les émissions de télé-réalité. Leur assurance, feinte ou réelle, est toujours confondue avec de l'arrogance, ce qui n'attire pas la sympathie et donc les votes. Pourtant, Siân ne démérite pas ce soir, s'efforçant d'être suave sur "Jardin d'hiver" d'Henri Salvador. Elle ne peut toutefois s'empêcher d'ajouter ses habituelles et indigestes fioritures jazzy. Pour la consoler de son élimination prévisible, le jury la renvoie chez elle avec un vote d'encouragement tout bleu. Bon retour à Bruxelles, Siân.

Mais le grand moment de la soirée, hormis la prestation de Cindy, c'est quand Jules interprète "Bad" de Michael Jackson. Jamais la chanson n'a autant mérité son titre. Pour être mauvais, c'est mauvais. Et avec une parfaite constance dans la nullité. Certes, on ne s'aventure pas sur les traces de Michael Jackson sans risque, notamment celui du ridicule, mais là, la témérité confine à l'inconscience. Il n'y a rien : ni la voix, ni le rythme, juste un gamin qui s'amuse. Il est poussif sur les couplets et vomitif sur les refrains, le tout accompagné d'une chorégraphie apoplectique. Sa désinvolture plaît à Lio et à Philippe Manœuvre, pas à Sinclair et à André Manoukian. Jury partagé pour une prestation désolante.

Et les autres candidats ? Ils étaient très bien. Plus ou moins.

Bien évidemment, dans l'excitation de l'arrivée imminente de Cindy Sander sur scène, il m'a été difficile de leur accorder autre chose qu'une attention distraite. Pourtant, sans toucher au génie, le spectacle était loin des tréfonds de l'ennui atteints la semaine dernière. On peut juste regretter que la programmation musicale soit si convenue : "Emmenez-moi" de Charles Aznavour, "Mon fils, ma bataille" de Daniel Balavoine, "New Soul" de Yaël Naïm ou l'inévitable "Rehab" d'Amy Winehouse. Tout ça a comme un goût de déjà entendu, de déjà entendu sur le plateau de la Starac par exemple.

Amandine joue fort bien les Amy Winehouse à la française même si elle copie l'original d'un peu trop près et sans en atteindre l'intensité. Pourtant, ce soir, ce sont deux garçons qui se distinguent. Un peu emprunté au début sur le refrain de "New Soul", Benjamin réussit à s'approprier la chanson avec énergie et s'adonne à l'improvisation jazzy avec beaucoup plus de réussite que Siân. Thomas aussi impressionne par sa maîtrise et son assurance. Certes, sa reprise s'écarte peu de l'original mais elle est parfaitement exécutée, sans fausse note et avec l'attitude qui convient. On peut quand même lui reprocher son élocution paresseuse et aussi, parfois, d'affecter un accent artificiel. Benjamin a d'ailleurs le même travers.

Du côté des mauvais élèves, Ycare abandonne à nouveau ses outrances sur "Un homme heureux de William Sheller". C'est sobre mais c'est aussi très faux, surtout au début. Quant à Kristov, même si son timbre n'est pas désagréable, il lui manque le souffle nécessaire pour rendre justice à "Mon fils, ma bataille". C'est mou, fade et finalement ennuyeux, les écrans géants qui affichent l'image de sa fiancée, le ventre gros, n'y changent rien.

À noter que, cette semaine, les reportages introductifs ont adopté une tournure résolument télé-réalité. Un peu d'instrospection, voire d'auto-critique, façon "le jury a eu bien raison de me vomir dessus, je n'étais pas bonne du tout." Quelques anecdotes sans intérêt : saviez-vous que Jules a failli jeter un prêtre à bas de l'autel pour s'emparer du micro durant le baptême de sa sœur ? Et une bonne dose de sentiment : Kristov a eu ainsi le plaisir de rendre visite à sa dulcinée pour lui caresser un peu le ventre... avant de l'abandonner aux douleurs de l'enfantement pour mieux vivre son rêve sur le plateau de M6. En voilà une belle histoire.

Ce soir, Cindy Sander a réalisé son rêve. Le reste, c'était... bien.

 

Ecrire un commentaire

Merci de vous identifier () pour ajouter votre commentaire

Commentaires

  • (441)

    spiral_pit : mdddddrrrrrr!!!! .................................... ET noblenad2 : TU TE CACHES, VAS Y repete!! dis le en face ouais??!!! ah je prefere ca!!! non mais!!

    Ecrit par lesagedufootball le mer avr 30 14:40 | Signalez un abus
  • (442)

    Cindy t´es laide, tu pues mais on t´aime bien quand meme... a la caisse du mac do

    Ecrit par ludovic.maeder le mer avr 30 14:47 | Signalez un abus
  • (443)

    tout ce qu´il y de bien dans cette émission c´est Virginie Elfira et encore seulement quand elle ferme sa grande gueule.

    Ecrit par ludovic.maeder le mer avr 30 14:50 | Signalez un abus
  • (444)

    Tant que des abrutis seront dvt M6 a regarder cette @#$%, on en sera jamais débarassé

    Ecrit par ludovic.maeder le mer avr 30 14:52 | Signalez un abus
  • (445)

    cindyyyyyyyyyyyyyyyyyy salyerrrrrrrssssssssssssssssss supportrice de la chorale de roanne!

    Ecrit par frankferdinard le mer avr 30 15:24 | Signalez un abus
  • (446)

    Le procès du PSG vient de se terminer. Des informations ont déjà filtrées permettant à PSG INFO de vous révéler les grandes lignes d'un verdict très attendu. Nous rappelons que les supporters avaient porté plainte suite aux mauvais résultats du club actuellement reléguable. Les actionnaires Obligation de recruter des vrais joueurs au mercato 100000€ d’astreinte par jour que le PSG passera dans la zone de relégation La condamnation est assez lourde pour les actionnaires du PSG. Accusés de ne pas avoir fait un recrutement de qualité et d’avoir sous investi dans le club depuis qu’ils sont propriétaires du club, Colony Capital, Butler Capital Partners, et Morgan Stanley ont été condamné à recruter des vrais joueurs de football lors du mercato , le cas échéant ils devront verser une astreinte de 100000€ pour chaque jour que le PSG passera dans la zone rouge à compter du 1er janvier 2008. Les avocats des actionnaires ont décidés de faire appel de la décision. Ils jugent la condamnation trop sévère et incompréhensible : « Nous sommes venu au PSG pour gagner de l’argent grâce à l’immobilier. […] Nous n’allons tout de même pas mettre de l’argent dans le recrutement ! On se moque du classement du PSG et de ses supporters. […] Seul l’argent nous intéresse. » Le Président Devra suivre un match dans un virage La cour a reproché à Mr CAYSAC son mauvais recrutement et le départ de bons joueurs comme ROZEHNAL mais compte tenu de son action historique au service du club et du fait qu’il était lié par un budget recrutement très limité, il a simplement été condamné à suivre un match avec les supporters afin de dialoguer avec ces derniers. L’entraîneur 5 tours du Camp des Loges en courant avec sursis Les jurés ont retenus contre Paul LE GUEN le fait d’avoir laissé trop souvent des joueurs cadres sur le banc comme PAULETA ou GALLARDO. Ils lui ont également reprochés son manque de communication avec Alain ROCHE dans le recrutement. Mais, les jurés ont retenu à la décharge de la Patate de Pencran, que celui-ci avait fait son maximum avait un effectif très limité en qualité. Ils ont noté que n’importe quel autre entraîneur à sa place aurait eu des résultats similaires compte tenu de la faiblesse des joueurs. PLG a donc écopé d'une peine avec sursis. Les arbitres Acquittement Alors que le parquet réclamait une privation de sifflet, la cour a finalement crée la surprise en acquittant les arbitres au motif qu’il était trop facile d’accabler les hommes en noirs de tout les maux du PSG et que ceux-ci faisaient les frais d’un système arbitral qui n’a pas évolué depuis des années alors que le jeu est beaucoup plus rapide qu’avant. Dans les couloirs du Palais de Justice, certains arbitres ne cachaient pas leur soulagement. Voici ce que l’un d’entre eux nous a confié sous couvert d’anonymat : « Moi qui suis originaire du sud de la France, je n’ai jamais pu blairer le PSEG. Alors dès qu’il y a moyen de siffler un petit penalty ou de sortir une petite biscotte, je ne me prive pas. C’est jouissif ! Dans le feutré, je n’hésite pas à siffler quelques hors jeux inexistants et à être plus souple avec les fautes des adversaires… » Les joueurs Plusieurs reconduites dans leur club d’origine Le verdict est assez sévère puisque un certain nombre de joueurs vont être purement et simplement reconduit à leur club d’origine. Si la cour a décidé de préserver l’anonymat des joueurs concernés, quelques informations ont filtrées. Les noms de BOURILLON, CAMARA, DIGARD, FRAU, et MENDY reviennent régulièrement mais d’autres seraient également concernés. Notons que l’ancienneté de MENDY devrait lui permettre d’échapper à ce jugement. Plusieurs associations s’indignent de ces reconduites à leurs clubs d’origine. Ainsi, le RJST (Réseau Joueurs Sans Talent) appelle à des actions symboliques menaçant de bloquer le Camp des Loges : « 1 Ferrari et 2 Porche suffisent pour bloquer l’entrer du Camp des Loges. Nous demandons aux dirigeants de refuser les reconduites aux clubs d’origine. En attendant, nous allons nous réunir en AG et voterons à main levée pour décider de la suite à donner notre mouvement. ». Signalons que le commandant de bord d’un jet privé reconduisant BOURILLON à Rennes a refusé de décoller car des membres de la RJST menaçaient de renverser du champagne sur les chemises des pilotes. Enfin, plusieurs patrons de discothèques parisiennes ont demandé à rencontrer le président du PSG, redoutant une baisse de fréquentation de leurs établissements. Les médias Non lieu Accusés d’avoir amplifié la crise avec le fameux « syndrome du Parc » et de vendre du papier en affirmant que le PSG est en crise dès qu’il y a deux défaites consécutives, un non lieu a été prononcé au nom de la liberté d’expression. Les supporters Partie civile Partie civile, la cour a retenu que les accusés sont à l’origine d’un désarroi légitime des supporters. Certains supporters doivent en effet se priver toute l’année pour payer un abonnement pour voir un spectacle lamentable. C’est une véritable purge auxquels vont assister les supporters parisiens tout les 15 jours. Pourtant, ils ont longtemps tenus. Pendant des mois, ils ont soutenus corps et âmes leur club malgré l’absence de résultat des rouges et bleus sur le rectangle vert. Aujourd’hui, la cour affirme que leur colère est légitime. Toutefois, les jurés ont estimé que ceux qui conspuent ROTHEN, qui s’est pourtant excusé après son geste regrettable, devraient y réfléchir à deux fois s’ils ne souhaitent pas le départ du meilleur joueur du club.

    Ecrit par ludovic.maeder le mer avr 30 15:38 | Signalez un abus
  • (447)

    Je m´excuse de mes propos tenus sur Cindy, sur cette superbe émission et sur le blog. Je tire les conclusions de mes erreurs et me retire donc de ce blog. Merci À tous

    Ecrit par ludovic.maeder le mer avr 30 15:39 | Signalez un abus
  • (448)

    les red hot en première partie de cindy!!!!

    Ecrit par frankferdinard le mer avr 30 15:40 | Signalez un abus
  • (449)

    cindy rien con sent!

    Ecrit par frankferdinard le mer avr 30 16:06 | Signalez un abus
  • (450)

    Yes !!! J'suis trop contente d'avoir fait "tilt" en décelant des boutonneux acnéïques moi !!! M'enfin, j'pense pas avoir été la seule ... faut bien que jeunesse se passe ! Et spiral_pit ! Tu sais ce qu'elle te dit la baleine de 52 kilos ??? Hein ?

    Ecrit par noblenad2 le mer avr 30 19:20 | Signalez un abus